Bouge la France

Un programme non-électoral pour notre pays
lundi 25 avril 2005.
 

Introduction

La France va mal. Ou plutôt, la France ne va pas très bien, mais elle donne l’impression d’aller très mal.

La politique sociale reste soutenue en France, mais cela n’empêche pas des centaines de milliers de français d’être dans une situation très critique, parfois sans un toit ni même de quoi manger. Même les classes moyennes souffrent : elles sont loin de pouvoir prétendre au confort de vie et surtout à la sécurité dont disposaient leur aînés.

Et puis nous construisons l’Europe... progrès géo-stratégique et économique indéniable. Mais quel paradoxe que de devoir reconnaître que la France seule ne vaut plus grand-chose et que ce n’est que Ensemble que nous pourront avoir du poids dans le monde de demain, face aux géants que sont les USA ou les pays émergents asiatiques. Et pendant ce temps, Bruxelles nous impose souvent des lois et des règles dont nous nous passerions bien... la mondialisation inévitable a aussi ses effets pervers dont tous les pays souffrent à leur façon... et qui masquent les bienfaits de cette évolution majeure du monde.

Bref, aujourd’hui, même si beaucoup de français ne vivent pas si mal que ça, le moral de nos concitoyens n’est pas au beau fixe. Il ne fait plus si bon de vivre en France et bon nombre de citoyens ne ressentent plus spécialement de fierté à appartenir à ce pays, pourtant fort d’une histoire et d’une géographie magnifique, relativement moderne, et porteur de valeurs morales fortes (droits de l’homme, etc...). L’incapacité de nos élus à régler les problèmes du peuple n’y est sûrement pas étrangère, d’ailleurs. Les politiques sont de plus en plus décalés et inconscients de la réalité du terrain, de la situation des citoyens dont ils sont censés améliorer l’ordinaire. Résultat, dans le meilleurs des cas, lorsqu’on nous annonce une amélioration de tel ou tel chiffre (délinquance, chômage, déficit public...), on nous parle en fait de progrès dérisoires, de quelques pourcents, alors que régler le problème nécessiteraient une amélioration des données de 50% minimum et des mesures radicales (pas de simples redistributions financières, très à la mode). Et je ne parle pas des chiffres qui se dégradent indéfiniment !

Certes, notre économie est loin de la faillite, cependant, le budget de l’état est déficitaire et la dette publique conséquente. Cette notion devenue banale est cependant représentative d’un grand mal de notre pays : notre économie va dans le mur, et nous vivons aujourd’hui au dessus de nos moyens, reportant sur nos enfants la charge de nos excès. Le rééquilibrage des comptes publics, et le remboursement de la dette devraient être une priorité nationale, mais comment faire ? Gagner plus en comptant sur nos entreprises et les impôts ? Certaines sont florissantes, mais ces résultats sont obtenus au prix d’efforts considérables, et de nombreuses entreprises sont, elles, en grave difficulté. En conséquence, une réduction drastique des dépenses publiques s’impose... le tout est de choisir les économies les moins mauvaises à réaliser.

Il serait donc temps de lancer dans notre pays une vraie politique du changement et du progrès. Plutôt que de poser rustine après rustine, il vaut mieux pour chaque sujet partir d’une page blanche, et, au vu de l’expérience accumulée tout au long des années chez nous et nos voisins, imaginer le système qui semble le plus efficace. Ensuite seulement, on pourra travailler à la mise en œuvre de ce nouveau système à partir de la situation actuelle, et prévoir la période de transition et les accompagnements nécessaires. C’est un travail à long terme, mais à l’évidence, seule cette approche assurera la viabilité de notre pays dans les décennies à venir.

Notre pays est un peu, à tous les niveaux, à l’image du plan des villes comme Paris et sa petite couronne : s’étant construit petit à petit, brique après brique tout au long d’une histoire mouvementées et en fonction de contraintes changeantes, on arrive aujourd’hui à un labyrinthe monumental ou seuls les experts savent circuler. Certes, c’est plein de charme, mais aussi infiniment mois efficace que les villes à l’américaines avec leurs plans en quadrillage parfait ! Il ne s’agit pas de reconstruire Paris... mais peut être que des pans entiers de ce qui fait la France aujourd’hui auraient eux besoin d’être reconstruits.

La France est devenue une usine à gaz ingouvernable. Plutôt que de s’acharner sur des manettes de commandes inefficaces, il serait certainement préférable de renvoyer le navire au chantier naval pour y prévoir de profondes améliorations : alléger les structures en utilisant les techniques modernes et renforcer l’efficacité du gouvernail. La politique qui se résume à réclamer simplement "plus de pognon" pour améliorer tel ou telle situation n’est pas acceptable dans le contexte économique actuel. De l’argent, on en a, et beaucoup, mais on dépense déjà trop : toute solution doit donc permettre de réaliser des économies en plus d’améliorer une situation pour être recevable : un sacré challenge

Je ne suis ni économiste, si sociologue, ni de formation politique... juste un simple citoyen. Je suis d’ailleurs peu politisé : je ne sympathise avec aucun parti, je n’ai ma carte d’électeur que depuis peu et ne m’en suis encore jamais servi, comme beaucoup de français malheureusement (mais il y a sûrement des raisons à cela). Cependant, cela ne m’empêche pas de réfléchir... observer le monde dans lequel je me trouve, essayer d’en détecter les principaux dysfonctionnement, et surtout, ce qui fait le plus défaut à nos politiques, essayer de faire preuve d’IMAGINATION pour trouver de vraies solutions. L’analyse vaut ce qu’elle vaut, elle sera sûrement maladroite et critiquable, mais si elle peut simplement ouvrir le débat, ça sera déjà un progrès appréciable. Je vais donc balayer la majorité des sujets qui font notre société. Dans certains domaines, j’aurais plus à dire que d’autres. Certains domaines auront droit à des idées fortes et innovantes, d’autres à de simples propositions d’ajustement. Ce n’est pas un programme politique exhaustif... juste un partage d’idées. Internet permet de réinventer la discussion de comptoir, profitons en.

N’étant pas du tout expert politique ou économique, je ne ferais dans ce document qu’effleurer la première phase : celle qui consiste à imaginer un système efficace. C’est très peu par rapport à l’ampleur de la tâche que représenterait la mise en œuvre de ces idées (après validation de leur pertinence, bien entendu), mais cela représente déjà un travail important.

L’age des réformes est révolu. Voici venu l’heure des refontes, des programmes innovants et ambitieux.

Des administrations modernes et efficaces

L’ensemble de nos administrations s’est longtemps complu dans un immobilisme de rigueur, structurel mais aussi quasi idéologique. La réforme de l’état est en cours, mais force est de reconnaître que les mentalités sont difficiles à changer, et que les effets risquent de n’être sensibles que dans longtemps. Les nouvelles technologies de l’information permettent pourtant des gains d’efficacité considérables mais imposent aussi d’adapter les organisations.

Bien sûr, l’ensemble des services de l’état (administrations..) doit intégrer la notion de productivité, et ne jamais oublier que l’argent utilisé est l’argent des français. Chaque euro prélevé est un poids pour l’économie française (habitants ou entreprise, peu importe) et doit donc être employé par l’état avec une efficacité maximale, pour le plus grand bénéfice (économique et/ou social) possible pour le pays. Il ne faut pas oublier que chaque heure de travail de chaque fonctionnaire représente un coût pour le pays. Bref, la notion de productivité (à ne pas confondre avec la rentabilité, notion pas forcément compatible avec « service public ») doit rentrer au cœur de l’action de l’état et de toute personne payée par les prélèvements obligatoires. Des actions de communication, de formation, d’incitation, et d’accompagnement du changement doivent être entreprises pour que chaque « agent de l’état » ait conscience de cette nécessité au plus profond de lui-même et que cela le guide à chaque instant dans son travail. Chacun doit trouver motivation et intérêt dans cette démarche pour que la modernisation de nos administrations devienne réalité.

L’objectif de tout fonctionnaire ou administration doit être de faire toujours mieux avec moins de moyens financiers, voire accepter de faire légèrement moins bien (à condition que le service rendu reste ‘suffisant’) si cela permet de faire de grosses économies, mais aussi ne pas hésiter à dépenser un peu plus si ça permet de faire beaucoup mieux (à condition que ce ‘mieux’ soit vraiment utile). Cet état d’esprit régit depuis longtemps le fonctionnement du monde privé, forcé par la concurrence... il n’y a aucune justification à ce que les services de l’état ne respectent pas les mêmes principes. Au contraire, les intérêts qu’ils représentent étant ceux de la nation toute entière, ils devraient être les premiers à les mettre en application. De plus, ce serait le meilleur moyen de revaloriser l’image des « fonctionnaires » aux yeux des travailleurs du privé.

Concernant l’accueil et l’accompagnement du public, la création récente d’un guichet unique pour informer les usagers à propos des différentes démarches est intéressante, mais les citoyens attendent beaucoup plus d’une administration moderne : un guichet d’accueil unique devrait aujourd’hui permettre de REALISER toutes ses démarches administratives. Charge à l’administration de réunir toutes les pièces nécessaires dans les différents services, l’usager n’ayant à fournir que les pièces dont aucune administration ne peut disposer. Il est clair que la mise en place d’un tel service serait une véritable révolution dans de nombreux organismes, qui seraient amenés à collaborer bien plus qu’aujourd’hui... une informatisation massive serait également de rigueur, mais le citoyen ne peut plus aujourd’hui accepter des procédures administratives longues, lourdes et coûteuses (y compris en temps, difficiles à dégager lorsque l’on travaille) alors que la technologie et une organisation adaptées permettraient de répondre à son besoin en lui simplifiant grandement la vie. Internet peut aussi être un moyen de simplifier de nombreuses procédures et de réaliser des économies : la télédéclaration de revenus est un formidable exemple, à généraliser.

Un rapprochement des statuts des travailleurs du public et du privé serait d’ailleurs souhaitable : Bien malin celui qui pourrait dire avec certitude qui y gagnerait ou perdrait le plus, car chaque statut a ses avantages et inconvénients, mais cela permettrait d’en finir avec les rivalités et jalousies continuelles entre les employés du privé et du public, exacerbées à chaque tentative de réforme qui génère systématiquement un sentiment d’injustice, et bloquant toute évolution. L’égalité est une des valeur clé de la devise francaise, appliquons la.

Il est fondamental également de renforcer le rôle de la cour des comptes, dont le travail doit être pris très au sérieux et suivi d’actions concrètes. Afin de maîtriser les coûts, il est en effet indispensable de disposer d’une institution qui représente un réel contre pouvoir et ait les moyens non seulement de détecter, mais aussi d’empêcher les gaspillages.

Des impôts simples compréhensibles, et adaptables

La France est un des pays du monde ou le total des prélèvements obligatoires est le plus élevé. Bien entendu, cela handicape notre économie. Mais c’est aussi le prix à payer pour avoir un état présent et une politique sociale forte. C’est le choix qui a été fait pour la France et nous pouvons en être fiers. Promettre ou espérer des baisses d’impôts lorsque l’état fait plus de 50 milliards d’euros par an de déficit est une hérésie et une absurdité. Mais si accepter la contrainte de prélèvements obligatoires élevés est une chose, la façon dont ces prélèvements sont faits et l’efficacité de la politique fiscale en est une autre. Le système n’est acceptable qu’à condition que l’argent prélevé soit utilisé au mieux (cf. paragraphe précédent) et que les prélèvements se fassent « là ou ça fait le moins mal ».

Or la fiscalité et prélèvements obligatoires actuels sont infiniment trop complexes. Le système est trop difficile à contrôler, inégal, incroyablement coûteux à prélever (on paye des impôts pour payer les gens qui le prélèvent !) et d’une rigidité monumentale (des qu’on touche à un impôt donné, cela fait un scandale, de la part des intéressés si c’est à la hausse ou des autres si c’est à la baisse).

Les prélèvements dédiés, destinés à financer un poste en particulier (charges sociales sur les salaires, CGG/CRDS, taxe d’apprentissage), sont une aberration car leur accumulation mène à un système extrêmement complexe et rigide, qui ne peut s’adapter aux évolutions de notre société et de notre économie.

Au contraire, l’état doit disposer de « manettes » simples à actionner pour adapter les prélèvements au contexte économique (pouvoir facilement et profondément orienter la politique économique du pays). Les prélèvements obligatoires doivent donc être considérablement simplifiés.

Il faut définir quelques postes de prélèvement clé, à des taux ajustables facilement par l’état. L’ensemble des prélèvements du pays doit pouvoir être concentré dans une poignée d’impôts différents. Le taux de chaque impôt pourra éventuellement être adapté au contexte (comme les différents taux de la TVA en fonction de la catégorie de produit), et pourra être ajusté dans le temps en cas de besoin. D’autre part, l’argent doit être prélevé une et unique fois sur chaque ‘poste’ : Il ne doit pas y avoir 10 ou 20 lignes de prélèvement sur chaque fiche de paye (sur 2 colonnes en plus ; employeur et employés). Si l’état décide de prélever de l’argent sur l’emploi, il doit faire un unique prélèvement entre la somme versée par l’employeur et celle reçue par l’employé ! Et de même partout où l’état décide de prélever de l’argent.

Les baisses et montées d’impôts n’en seront que plus faciles, justes, équilibrées et transparentes pour les contribuables (qui aujourd’hui ne savent jamais si globalement leurs impôts montent ou descendent tellement ils payent d’impôts différents).

En résumé, l’argent doit être prélevé de manière globale (afin de réduire les frais de gestion et de faciliter les contrôles), et c’est le rôle de l’état de redistribuer cet argent parmi l’ensemble des services qu’il offre à ses administrés (incluant sécurité sociale.). Il n’est pas possible de faire des économies sans une gestion simplifiée au maximum, pour tous.

Par exemple, dans le contexte actuel, les charges sociales sur les salaires sont devenues une aberration : aujourd’hui, l’assurance chômage est financée par l’emploi. Cela signifie que plus il y a de chômage (moins d’emplois et donc plus de chômeurs à aider), moins il y a d’argent de disponible ! Quelle absurdité ! De plus, ces charges sociales considérablement élevées plombent complètement notre dynamisme économiques : vu les coûts que représente chaque nouvel employé, les entreprises y réfléchissent à deux fois avant d’embaucher, même lorsqu’elles ressentent certains besoins. Dans une économie en concurrence avec des pays émergeants aux coûts salariaux dérisoires, ce système est le pire des handicaps.

Les systèmes sociaux doivent donc être financés par l’impôt d’une manière générale. L’état collecte, et l’état redistribue... si la sécurité sociale est jugées prioritaire (il faut espérer qu’elle le soit), son financement doit ainsi être garanti, et tant pis si à la fin de l’année il reste moins d’argent pour construire des autoroutes, ces projets attendront.

Dans une période de chômage fort comme nous connaissons, une solution qui permettrait aux entreprises d’embaucher « à prix coûtant » (en payant juste le salaire des nouveaux employés), sans verser globalement plus ni moins d’argent en prélèvement obligatoire serait un progrès considérable. Il ne fait aucun doute que le nombre d’emplois ainsi crée serait considérable, ce qui réduirait d’autant le nombre de personnes en situation de précarité et vivant aux frais de la société ! De fil en aiguille, la situation économique globale s’améliorerait et il serait alors possible de solliciter fiscalement un peu plus les entreprise. Tout ce qu’il faut, c’est débloquer le système. Mais attention, ne nous y trompons pas... la solution n’est pas de créer encore quelques centaines de milliers d’emplois aidés... prenant la place d’emplois normaux. Notre pays n’en peut plus de ces bricolages... notre pays a besoin d’un système qui fonctionne bien, de manière durable, universelle et égalitaire. Les solutions doivent être globales, et pour ça, une seul mot d’ordre : simplifier !

Dans le cas présent, il suffirait de réduire considérablement le taux du « prélèvement sur l’emploi » tout en relevant en conséquences le taux de « prélèvement sur le chiffre d’affaire » et/ou « prélèvement sur bénéfice », afin de maintenir le volume global des prélèvements de l’entreprise. Ce n’est aujourd’hui pas possible puisque les charges sur les salaires actuelles financent quasi exclusivement la sécurité sociale et l’impôt sur les bénéfices (par exemple) d’autres choses. Tout remaniement dans le système actuel serait donc très difficile à mettre en œuvre. Dans un système plus souple, une simple décision suffirait presque (la seule difficulté viendrait de gérer la période de transition, pour ne pas imposer de changements trop brutaux aux entreprises).

Il faut également en finir avec l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, impôt ô combien démagogique et aux effets économiques catastrophiques. Pour rappel, cet impôt consiste à imposer des citoyens sur la base de leur capital (et non de leur revenus). Autrement dit, un citoyen peut être amené à le payer même s’il ne gagne pas d’argent. De plus, cet impôt touche de plus en plus de foyers : compte tenu de la flambée des prix de l’immobilier, une famille qui a simplement eu la chance de pouvoir acquérir une belle résidence principale et une résidence secondaires lorsque les prix étaient bas peut se retrouver aujourd’hui soumise à l’ISF (capital supérieur à environ 700000 euros), alors qu’elle ne vit pas mieux qu’avant. Mais surtout, cet impôt est un véritable repoussoir à riches : une personne disposant d’un capital important aura tout intérêt à quitter la France pour éviter de payer cet impôt populiste. Et vu les sommes en jeu et les possibilités de ces citoyens, ils ne se contentent pas de penser à partir : ils le font. Bilan : le pays perd ses meilleurs investisseurs, ses plus gros consommateurs qui sont aussi les contribuables les plus importants (même hors ISF)... ceux qui contribuent le plus à faire vivre l’économie. Cet impôt, qui ne rapporte pourtant pas grand-chose, ne fait que repousser hors de nos frontières nos citoyens les plus utiles au lieu des les attirer... tout cela pour satisfaire la jalousie stupide des masses. Lorsqu’il s’agit d’importer des idées stupides des USA, nous sommes les premiers, mais lorsqu’il s’agit d’importer les rares comportements ou idées positifs de cette nation (le respect et l’encouragement de la réussite), il n’y a plus personne.

Concernant la législation du travail, il est important de conserver les bases de la protection des travailleurs : SMIC, temps de travail, conditions de sécurité. Mais une simplification de la législation s’impose : la complexité des règlements en vigueur engendre de graves inégalité entres les salariés et est particulièrement difficile à maîtriser pour les patrons (et les syndicats qui veillent à leur application). Il faut simplifier et uniformiser... toujours dans un but de productivité et d’égalité entre les salariés.

Les employeurs réclament également plus de facilité à licencier lorsqu’ils en ont besoin. Cette revendication, hautement libérale, est compréhensible de leur part et se justifie par une plus grande facilité à embaucher : Puisqu’il n’y a plus de risque de devoir payer un employé lorsque que l’on en n’a plus besoin, on hésite moins à embaucher. Mais rien ne garantit que le bilan d’une telle mesure soit bénéfique au niveau de la société. Enfin, la perte d’un emploi en période favorable à l’embauche n’est pas grave (le citoyen un peu motivé et compétent n’aura aucun mal à retrouver un emploi), mais peut constituer un véritable drame personnel dans les périodes de fort chômage. Compte tenu de ces remarques, pourquoi ne pas accorder cette facilité aux employeurs, mais conditionné par le maintien du taux de chômage en dessous d’un seuil défini (6% par exemple) ? Cela leur laisserait espérer une marge de manœuvre appréciable lorsque les conditions seraient réunies et les empêcherait d’en abuser.

Dernier point concernant le travail, il faut revaloriser le temps partiel. La réforme des 35 heures permet soi-disant à chacun de choisir son temps de travail ? Quelle illusion ! La réalité est que celui qui travaille moins longtemps est quasi-systématiquement dévalorisé dans son milieu professionnel. A l’heure actuelle, travailler à temps partiel (et peut être bientôt simplement à temps plein, par comparaison avec ceux qui cumulent les heures sup’) est le meilleur moyen de mettre un coup d’arrêt à son avancement et à la progression de son salaire (au lieu d’avoir une progression proportionnelle au temps consacré à l’entreprise) ! Une véritable reconnaissance du temps partiel (pour les hommes comme pour les femmes) améliorerait notablement les conditions de vie de nombreux employés, permettant enfin de concilier efficacement vie professionnelle et vie privée. Une amélioration des conditions d’exercice d’une activité à temps partiel libèrerait également des emplois, pour le plus grand bénéfice de tous.

Une nouvelle politique sociale : ni assistanat, ni laissés pour compte

Plutôt que de vouloir trop en faire, mais mal le faire faute de moyens, il vaut mieux se concentrer sur quelques aides clé, mais les assumer pleinement.

Les dysfonctionnements du système social actuel engendrent un non respect grave de 2 des mots clé de la devise française : égalité et fraternité La multiplicité des aides, les critères de sélection et la complexité extrême du système mènent à de graves inégalités (et des abus). D’autre part, les centaines de milliers de français ‘à la rue’, survivant dans des conditions indignes sont la preuve que la fraternité n’est plus de mise dans notre pays.

L’état ne doit pas chercher à rendre tous les français égaux (c’est irréaliste, surtout dans une société capitaliste), mais doit respecter l’égalité dans les aides accordées aux habitants (ce qu’il fait pour l’un, il doit le faire pour tous). Par contre, les aides doivent être « pensées » pour répondre en priorité aux besoins des plus démunis. Voilà les clés d’une politique sociale républicaine et efficace !

L’état doit stopper son comportement de ‘distributeur de billets’ favorisant l’assistanat et une certaine forme d’inégalité (entre ceux qui y ont droit et ceux qui n’y ont pas droits, sous prétexte que leurs revenus sont un poil au dessus des seuils définis, par exemple, ou simplement car l’état n’a pas moyen de fournir le service concerné à tous ceux qui en auraient besoin, comme les HLM). L’état doit impeccablement fournir un certain nombres de services fondamentaux, accessibles à tous sans discrimination, et financés par l’impot.

Quels services sociaux préserver, valoriser et créer ?

La retraite et assurance maladie doivent être accessibles à tous et assurés en toutes circonstances et doivent disposer de tous les moyens nécessaires (ce qui ne signifie pas qu’une politique de maîtrise des coûts équilibrée n’est pas nécessaire),

L’éducation nationale pour tous (accessible à tous -sans frais, fournitures y compris-, mais aussi conçue pour tous et pas que pour les élèves les plus doués) doit évidemment être préservée.

Quelques autres « aides clé » peuvent éventuellement être définies, mais leur nombre limité et leur application simple (par exemple disponibilité de crèches, au même titre que l’école gratuite). Un minimum d’assurance chômage doit également être préservé

D’autre part, l’état doit mettre en place un système d’aides aux plus démunis entièrement nouveau, compte tenu de l’échec des politiques actuelles. Il faut s’assurer d’apporter à toute personne dans le besoin des conditions de vie dignes (logement et alimentation minimum), tout en veillant à
-  maîtriser les coûts de son action
-  éviter les abus
-  mettre les moyens pour que cette situation soit, dans la mesure du possible, une période de transition.... pousser et aider les bénéficiaires à retrouver une situation productive pour eux et pour la société.

Pour cela, une solution serait à étudier : créer en parallèle de notre système économique capitaliste, moteur de la France, un micro système à tendance communiste, accessible à tous mais intéressant uniquement pour ceux qui sont le plus dans le besoin, qui permette à ces personnes de vivre dignement, qui leur offre le minimum tout en les incitant à « remonter » dans le système capitaliste où elles pourront réussir. Ce micro-système communiste sera sûrement déficitaire (mais pas totalement improductif comme peut l’être aujourd’hui un RMIste), le déficit devant être financé par les prélèvements obligatoires du système capitaliste. Le coût global pour la société française serait sûrement bien moindre que la multitude d’aides actuelles, extrêmement coûteuse, source d’inégalités et ne garantissant pas une vie digne aux plus démunis. Concrètement, cela consisterait en la possibilité pour toute personne le désirant de ‘se mettre sous la tutelle de l’état’ : la personne cède l’ensemble de ses biens à l’état, reverse à l’état 70% ou 80% de ses revenus, et en échange l’état assure la fourniture d’un logement décent (sain, chauffé...) mais minimal (en terme de confort et surface), la nourriture, les produits de première nécessité (hygiène, vêtements)... bref tout le minimum vital, aussi longtemps que la personne/famille en a besoin et quel que soit son ‘apport’. Afin de maîtriser les coûts, les repas seraient pris en commun. Leur préparation et l’entretien des locaux serait assuré par les habitants eux même (les personnes dans le besoin sont souvent au chômage et peuvent donc très bien consacrer du temps à leur communauté). Surtout il faudrait prévoir des formations et un accompagnement personnalisé pour aider ces personnes à retrouver une situation vivable dans le système capitaliste et les re-lancer sur le chemin de la réussite. Ce système est égalitaire car ouvert à tous (mais intéressant uniquement pour les plus démunis), fraternel car il permet à tous de vivre dignement, évite les abus car pousse les personnes à ne pas se contenter de ce qu’on leur apporte et les aide à en sortir.

Le communisme a montré au cours de l’histoire sa non-viabilité économique, d’où la nécessité d’un appoint financier de ce système par l’ensemble du pays, mais a également montré sa capacité à éviter la misère extrême, objectif de base de toute politique sociale. Il s’agit donc de réussir à faire cohabiter les deux systèmes dans un même pays, mais de façon cohérente et optimisée, à l’inverse de notre république capitaliste ultra sociale qui a perdu toute cohérence et au potentiel économique étouffé par des idéaux communistes non-avoués mais omniprésents.

La quasi-totalité des nombreuses autres aides sociales et avantages sociaux accordés aujourd’hui n’aurait alors plus lieu d’être ! Des économies considérables pourraient être réalisées, tout en améliorant significativement la situation sociale du pays (même si certains y perdraient à court terme, ce qui est inévitable... toute réforme amène sont lot de gagnants et de perdants).

Pour les personnes dépendantes (handicapés, personnes âgées), des aménagements de zones dédiées (immeubles, quartiers, voire villes entières) sont à prévoir pour répondre à leurs besoins spécifiques : mais plutôt que de vouloir adapter toute la France à leurs besoins, pour un coût que la communauté ne peut supporter, aménageons plutôt une partie de la France pour répondre à leurs besoin car tout le monde devrait avoir droit à un environnement adapté. La concentration des investissement permettra de réaliser des économies considérables (rendant ces investissements simplement possibles) et améliorera grandement la qualité de service offerte à ces personnes (livraisons à domicile, accès des différents locaux, etc.). La contrainte pour toutes ces personnes serait d’accepter de changer de cadre de vie (ville/région), mais c’est à ce prix là qu’ils pourront bénéficier d’un cadre de vie adapté, sans représenter une charge trop importante pour la communauté.

Aménagement du territoire et politique immobilière

La crise immobilière fait rage. Même un couple de jeune cadre ne peut se loger convenablement en région Parisienne. Nous vivons dans un monde où même les classes « moyennes supérieures » doivent s’endetter sur 25 ans (prenant un risque considérables en ces temps de croissance molle et d’emploi précaire) pour loger une famille a des dizaines de kilomètres de leur lieu de travail (et en Ile de France aux heures de pointe, les kilomètres sont longs), ou se contentent de surfaces ridicules. La flambées des prix de l’immobilier plombe les budgets des ménages et la consommation, et réduit la qualité de vie de tous les nouveaux arrivants.

Toute mesure visant à aider directement les ménages pour acheter est vouée à l’échec (en plus d’être extrêmement coûteuse) : on re-solvabilise les ménages, mais comme il n’y a pas assez de logements sur le marché, les prix remontent d’un montant équivalent à l’aide accordée : il est sans cesse plus difficile d’accéder à la propriété.

Face à cette situation, les seules mesures acceptables et efficaces sont celles qui permettront de ramener les prix de l’immobilier à des valeurs réalistes. Il faut donc construire, libérer des terrains constructibles en adaptant les PLU, afin que l’on puisse construire assez pour répondre aux besoins de la population. Le principe de mise sous tutelle évoqué ci-avant mettrait fin aux HLM tels que nous les connaissons, mais cela ne veut pas dire que l’état n’a plus rien à faire : il faudra bien proposer des logements aux bénéficiaires de ce système, et l’état peut par sa politique favoriser la construction de logement neufs (comme c’est fait par exemple avec le dispositif Robien).

D’autre part, nous bénéficions de moyens de transports performants (TGV et autoroutes), mais malheureusement très centralisés autour d’une capitale qui étouffe. Paris et sa proche banlieue arrive à saturation : pollution, embouteillages et transports en commun surchargés...la vie n’est pas si agréable pour la majorité des habitants de notre capitale et sa banlieue. Certaines régions un peu défavorisées de France seraient certainement enchantées de recevoir une partie de cette population, qui elle y gagnerait l’espace et la qualité de vie qui leur fait temps défaut actuellement. Mais pour ça, il faut déplacer les bassins d’emplois (privés ou public) et d’activité (commerce, loisirs...) pour rendre ces régions attractives. Il est donc urgent de lancer une politique de déconcentration volontariste. La densité de population en France n’est pas très élevée, nous bénéficions de moyens de transports efficaces et modernes, alors pourquoi tous s’entasser dans un espace restreint (devenant invivable) et laisser mourir certaines de nos régions ?

Sécurité/justice

Garantir la sécurité des citoyens passerait évidement par une meilleure efficacité des forces de l’ordre et une justice plus rapide. Pour cela comme pour le reste, pas de miracle : il faut de l’argent. Or de l’argent, on n’en a pas. Mais au-delà d’un effort hypothétique effort budgétaire, deux types réformes permettraient probablement d’améliorer la situation

-   Tout d’abord, une police efficace doit être respectée et ferme. Elle doit donc disposer des droits lui permettant de faire respecter la loi en toutes circonstances, quitte à devoir utiliser la violence lorsque c’est nécessaire. Il faut en finir avec l’impunité dont disposent bon nombre de délinquants. Qu’un policier tue délibérément un délinquant relève indiscutablement d’un abus, mais qu’un policier tire sur un fuyard pour l’interpeller ne devrait peut être pas considéré comme une erreur, quitte à ce que les conséquences soient graves pour l’individu qui a refusé de se soumettre aux forces de l’ordre. La loi et les règlements doivent organiser un véritable retour à l’autorité, dans le bien de tous. Il ne s’agit pas d’autoriser les forces de l’ordre à tous les abus, mais simplement des leur permettre de mener à bien leur mission : faire régner l’ordre pour la sécurité des citoyens honnêtes

-   Vient ensuite le volet judiciaire. Là, il semble indispensable de prévoir des peines adaptées à chaque situations, tout en maîtrisant les coûts des différentes solutions : il faut clairement différencier 3 types de peines (cumulables) selon les actes : la punition, la réparation et la protection des citoyens.

o La punition doit avoir un effet dissuasif. il s’agit de provoquer une certaine souffrance chez le condamné pour lui faire passer l’envie de recommencer, ou simplement d’inciter les personnes tentées de commettre tel ou tel acte interdit à ne pas le faire. Une forte amende (adaptable en fonction des revenus, déclarés ou non de l’intéressé) est la meilleure solution tant que l’acte n’est pas trop grave. Mais pour les cas plus graves (violences notamment), un type de peine plus radical, mais plus efficace et moins coûteux que l’incarcération en prison traditionnelle serait à prévoir. Il est important que le fait de subir cette peine ne brise pas le peu de lien social dont peu bénéficier le coupable (emploi...). D’un autre coté, pour être dissuasive, la peine infligée doit être perçue comme lourde. Enfin, il n’y a pas de raison que la ‘punition’ coûte cher à la communauté. C’est pourquoi il faudrait envisager dans ce cas des peines courtes, voire très courtes, mais dans des conditions très très dures, à la limite du respect des droits de l’homme, dans des établissements spécialisés. En résumé, il s’agirait de faire vivre l’enfer au condamné pendant une semaine... ou plus en cas de récidive ou d’acte très grave. Un suivi psychologique et social en entrée et sortie permettrait de s’assurer que le message est passé et que la personne repartira sur la bonne voie à sa sortie.

o La réparation doit bien entendu passer par le versement par le coupable de dommages et intérêts, mais il ne faut aussi pas négliger les outils tels que les travaux d’intérêt généraux, malheureusement trop peu utilisés (peut être faut-il en adapter les modalités d’application ?... débat de spécialiste)

o Enfin, seule la protection des citoyens devrait passer par des peines longues, destinées à mettre à l’écart quelqu’un de dangereux pour les autres : cependant, les conditions de détentions de ces personnes devraient alors être dignes et les détenus doivent participer autant que possible à la vie de la prison (pour les valoriser et maîtriser des coûts). Il ne s’agit plus de punir quelqu’un mais simplement de mettre quelqu’un « d’inadapté » à l’écart du reste de la société.

Energie : le nucléaire « OUI », QUE le nucléaire « NON »

La France a fait le pari risqué du nucléaire. Ce choix nous permet de bénéficier d’une électricité bon marché, nous garantit notre indépendance énergétique (précieuse en ces temps de hausse démesurée des prix du pétrole), et s’est révélé jusqu’à présent plutôt salutaire pour l’environnement. Bien entendu, on peut toujours trouver à redire, notamment du point de vue écologique (les choses n’ont pas toujours été « bien » faites, et il y a probablement encore à redire... heureusement que certaines associations indépendantes sont là), mais le pari est globalement réussi. La fission nucléaire est certes polluante, certains déchets ont une durée de vie considérables, mais ils ont l’intérêt d’être maîtrisables : contrairement aux autres sources d’énergie polluantes, le nucléaire ‘bien fait’ ne disperse pas dans la nature (notre cadre de vie) ses déchets (produits en très faible quantité). D’autre part, maîtriser aujourd’hui et industriellement la fission est un pré-requis pour espérer un jour (pas tout de suite) maîtriser la fusion : non polluante, beaucoup moins dangereuse, et au potentiel démultiplié.

Cependant, le « tout nucléaire » à ses limites, et les énergies renouvelables ont trop longtemps été négligées dans notre pays. Certes, le potentiel hydroélectrique de nos fleuves et rivières est pleinement exploité, mais force est de reconnaître que notre pays est à la traîne quand aux nouvelles formes d’énergies renouvelables : éolien et solaire notamment. Le solaire n’a probablement pas un grand avenir en France, sauf dans le sud, et la technologie doit encore s’améliorer, mais l’éolien a lui plus de potentiel. Les éoliennes les plus récentes sont parait-il silencieuses (enfin !), et même si on ne peut se permettre d’en mettre partout pour préserver les paysages naturels, de nombreuses régions pourraient bénéficier d’une électricité abordable et 100% écologique avec cette technologie. Pour préserver les paysages, on pourrait tout à fait imiter nos voisins du nord et construire des champs d’éoliennes off-shores (en mer). Ce ne sont pas les cotes qui manquent en France !

Vive la culture et les technologies libres !

Notre pays a une grande tradition culturelle. Il est bon de la préserver et de la valoriser. Cependant, le monde change : une nouvelle forme de culture, ou plutôt d’économie culturelle, arrive : la culture libre (concept également utilisé pour certaines production technologiques. Qui n’a pas entendu parler de « logiciels libres » ?). Ce concept naissant, et grandissant est une véritable révolution. Il permet des échanges culturels et des progrès techniques sans commune mesure avec tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. Malheureusement, les productions libres ont parfois du mal à se faire une place dans notre univers très mercantile. Il faut donc favoriser les possibilités modernes de diffusion massive est œuvres et des savoirs, quitte a adapter notre législation lorsque nécessaire. Il est également primordial de construire un cadre légal (et rémunéré) pour l’échange de contenu (artistique, voire scientifique et technique).

Une armée puissante mais économique, c’est possible ?

Maintenir une capacité de dissuasion et de défense, est bien sur fondamental pour notre pays. Mais les investissements réalisés ne pourraient ils pas être mieux valorisés en temps de paix, en faisant de l’armée une véritable force d’intervention destinée à se mettre au service des citoyens dans toute situation exceptionnelle (catastrophe climatique et écologique, situations d’urgence sanitaire...) ? Je n’invente rien, l’armée joue de plus en plus ce rôle, mais simplement, ces missions devraient être considérées comme aussi importantes que la défense proprement dite, et l’armée doit se préparer et s’entraîner en conséquences.

D’autre part, une solution pourrait être étudiée pour optimiser les coûts : Il s’agirait simplement de réduire les moyens de notre armée en temps de paix (personnel, matériel...), mais de disposer d’un « plan » permettant de reconstruire en un temps record une armée d’envergure en cas de crise (conditionné par la mise à disposition de moyens financiers le cas échéant, ce qui ne doit pas poser de problème lorsque l’effort militaire devient priorité nationale). Pour cela, un nouveau corps d’armées pourrait être créé, chargé des études nécessaires, de l’élaboration des plans de construction et formation et de leur mise en application le jour venu. Une idée à creuser...


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